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Atelier Cuisine de plantes sauvages

Le 31 mars, nous nous sommes retrouvés à une dizaine de passionnés botanistes amateurs, pour apprendre à reconnaître les plantes qui poussent autour de nos maisons : des sauvages qui se mangent !!

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Malgré la météo qui était joueuse et capricieuse, typique d'un mois de mars : nuages persés de beaux rayons de soleil, quelques grosses gouttes de pluie accompagnées de bourrasques (un parapluie s'en souviendra pour toujours ;) ... ), l'ambiance était au rendez-vous ! Car en plus de rencontrer des plantes, on rencontre des gens sympathiques, amoureux de la nature...

Aprés une balade d'une petite heure pour découvrir les plantes comestibles des alentours, nous nous sommes entre-aidés pour aller les récolter. 
Une fois de retour au chaud, l'heure fut à la cuisine : à chaque groupe sa mission recette !

 

Nous avions au menu :

  • Les succulents beignets de feuilles pour l'apéritif (Consoude, Pulmonaire...),
  • Le fameux pesto d'herbes folles pour des toasts orginaux (Plantain, Cressonnette, Ail sauvage ...),
  • Les petits sablés au Lamier pourpre, des amuse-bouches surprenants,
  • La salade sauvage du moment (feuilles et fleurs de diverses plantes : Pâquerette, Petite Pimprenelle, Mâche sauvage, Gesse aphaca ...),
  • Et des légumes sauvages (Violette, Myosotis...) que nous avons gouttés sur des petits toasts.
 
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Tous ces mets, accompagnés de tisanes chaudes aux herbes, tisane froide au Fenouil, "kombucha" de fleurs de sureau et le célèbre vin de sureau !

 

Les petits sablés ayant eu grand succés, voici la recette :

Sablés verts pour un apéritif original

  • une poignée de têtes de Lamier pourpre (fraiche ou en poudre)
  • 160 g de beurre à température ambiante
  • 300 g de farine
  • 1⁄2 sachet de poudre à lever
  • 1 jaune d’œuf
Sable%CC%81%20Lamier%20pourpre 09 Mélangez la farine, la poudre d’herbe (ou herbes fraiches finement ciselées), la poudre à lever et le sel. Ajoutez le beurre coupé en dé et sablez la pâte du bout des doigts. Ajoutez le jaune d’œuf, puis formez une boule. Laisser reposer la pâte 1H dans un film alimentaire. Placez la pâte entre deux feuilles de papier cuisson (afin d’éviter qu’elle colle au rouleau). Étalez-la sur une épaisseur de 1 cm environ. À l’aide d’un emporte-pièce, découpez des sablés. Placez-les sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Faites cuire pendant environ 10 minutes à 170°C (max 15 min).

Bon appétit !

 

Merci aux participants de l'atelier qui ont permis d'en faire un bon souvenir pour tout le monde !

La Primevère printanière

Primula veris  (Famille des Primulacées) 

Primula veris, une plante riche de vertus qui a prêté son nom à notre association.

La Primevère printanière, ou officinale, également appelée Coucou porte très bien tous ses noms :

  • « Primula » issu du latin « primulus » qui signifie « premier » et « veris » signifie « du printemps ». En effet, nous sommes le 01 février et nos Primevères sont déjà en fleurs ! J’avoue, ce ne sont pas les seules, mais elles font partie des premières fleurs à s’épanouir dans l’année, vous ne le nierez pas.
  • « Primevère » dérive de « prima vera », un diminutif féminin de Primula veris.
  • « Primevère officinale » découle de l’ancien nom latin « Primula officinalis » clairement en lien avec ses vertus médicinales !
  • « coucou » car paraît-il elle commence le plus souvent à fleurir lorsqu’on entend les premiers chants du coucou. D’autres plantes de régions différentes portent ce nom français.

 Comment la distinguer des autres primevères sauvages que l’on peut trouver dans le Lot ?

Toutes les primevères présentent une rosette de feuilles, la différence prinpale se trouve au niveau de l’inflorescence :

Primula%20veris RE02 - Primula veris présente une hampe florale au bout de laquelle se trouve une « tête » composée de plusieurs fleurs disposées en ombelles, d’un jaune un peu plus foncé que les autres primevères, tachées de orange en leur centre.
(photo : C. Farvacques)  
 Primula elatior BerndH - Primula elatior (Primevère élevée) présente également une hampe florale au bout de laquelle se trouve une « tête » composée de plusieurs fleurs disposées en ombelles, mais les fleurs sont , plus ouvertes et d’un jaune plus pâle, et d’une tâche orange pâle voire inexistante.
(photo : BerndH)  
Primula%20vulgaris SD carre - Primula vulgaris (Primevère acaule) porte bien son nom : « acaule » signifiant « sans tige ». En effet, les fleurs partent du milieu de la rosette de feuilles, au bout d’un long pédicelle souple. Les fleurs sont également bien ouvertes, d’un jaune pâle, et d’une tâche orange pâle voire inexistante. Beaucoup d’espèces horticoles présentent la même physionomie que la Primevère acaule.
(photo : S. Delplanque)  Leurs vertus sont sensiblement similaires, mais la P. officinale a toujours été la plus utilisée depuis des centaines d'années.

Une plante très utile

Les bienfaits de la Primevère

 On utilise principalement la racine, mais également les fleurs, les feuilles, fraiches ou sèches sous forme d’infusion, de décoction, de teinture mère, de suc frais et de macérât.
Elle possède de nombreuses vertus intéressantes :

  • Expectorante : bronchites, toux grasse et toux chronique.
  • Anti-inflammatoire : asthme, allergies et rhumatismes
  • Sédative : surmenage, palpitations, anxiété légère et insomnie de l'enfant.
  • Diurétique : infections urinaires
  • Anti-ecchymotique
  • Cicatrisante et réparatrice : démangeaisons, crevasses, gerçures, écorchures, piqûres d'insectes.

Il semblerait qu’une longue tradition médicale venant de l’Antiquité considère la primevère comme le remède spécifique de la paralysie, notamment celle de la langue et du bégaiement, d’où un de ses petits noms « d’herbe à la paralysie ».

La Primevère dans nos assiettes

Préparations et goût :

Les jeunes feuilles et les fleurs de primevères peuvent être consommées crues en salade. Les feuilles ont plusieurs goûts qui défilent dans la bouche allant d’un doux et léger goût de petit pois à une amertume plus ou moins forte selon le goût des personnes (personnellement je les trouve très amères sur la base de la langue). Pour certains, c’est un goût anisé-citronné un peu piquant qui ressort. Les fleurs sont parfumées de goût très doux, légèrement sucré.
Par la suite, les feuilles sont meilleures cuites, utilisées dans les soupes ou comme légumes cuit comme des épinards, dans plusieurs eaux afin d’éliminer l’amertume, pour accompagner viandes ou poissons.
Séchées, les fleurs et les feuilles font de bonnes infusions fleuries, anisées.
Les racines ont une odeur et un goût agréables d’anis-réglisse légèrement piquantes selon leur âge, mais mangées crues elles irritent un peu la gorge. On les utilise pour aromatiser des boissons ou des plats. L’infusion a un goût original entre l’anis, le réglisse et la gaulthérie.

 Idées recettes

  • Salades mixtes diverses, feuilles et fleurs (l’association de plusieurs plantes sublime leur goût)
  • Mayonnaise aux fleurs de coucou
  • Tarte à la Primevère
  • Bouillon aux fleurs de printemps
  • Poêlée de pommes de terre aux Primevères
  • Mousse aux fleurs de Primevère
  • Glace aux fleurs de Primevère
  • Gelée de Primevère
  • Fleurs cristallisées de Primevère
  • Infusion de Primevère officinale
  • Limonade de fleurs
  • Vin de Primevère

 La Primevère dans la salle de bain

 Elle était anciennement réputée pour préserver la beauté : les femmes en extrayaient des préparations pour le visage afin d'effacer leurs rides.
Les extraits de fleur et de racine de primevère ont des propriétés hydratantes, adoucissantes et reminéralisantes. Ils sont par ailleurs un excellent agent anti-couperose.

Il est possible d’utiliser ces extraits dans la composition de :

  • shampooings pour tous types de cheveux, lotions pour cheveux abîmés et fragiles
  • laits adoucissants pour le corps
  • crèmes reminéralisantes pour peaux sensibles et délicates à tendance couperosée
  • gels démaquillants, notamment pour le contour des yeux et les peaux sèches
  • produits d’hygiène bucco-dentaire

 Les extraits de racine de primevère sont de plus considérés comme détergents et antiseptiques.

Attention, bonne mais pas inoffensive !

  • Lors de la cueillette elle peut causée des dermites de contact appelées dermatites primulaires dues à la primine. Feuilles fraiches à consommer en petite quantité.
  • Ne pas dépasser les doses surtout avec les racines car elle peut provoquée des vomissements et diarrhées.
  • Incompatible avec les anticoagulants.

 Bonne cueillette !

Sources

  • Couplan F. (2009) - La cuisine sauvage (encyclopédie). Editions Sang de la Terre.
  • Leclerc H. (1966) - Précis de phytothérapie : thérapeutique par les plantes françaises, 5e édition, Masson & Cie éditeurs
  • Encyclopédie des plantes médicinales : identification, préparations, soins. Ed. Larousse. 2001
  • Boisvert C. (1984) – La cuisine des plantes sauvages. Ed. Dargaud.
  • Paume M-C. (2006) – Sauvages et comestibles – Herbes, fleurs et petites salades. Ed. Edisud 

 

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